(No) Body is Perfect

Création 2022

Porteurs de projet : Morgane Bourhis et Jean-François Auguste
Avec : Alric Baral, Camille Vivet-Peclet, Chloé Gotti, Claudia Kalensky, Emma Tiset, Inès Sanoussi, Leslie Krouri-Obomalayat.
Plasticien : Aurélien Vieillard
Autrice : Olivia Rosenthal
Construction & lumière : Christian Giordano, Loris Gemignani et Thierry Lacroix.

Production

Avec le soutien de l’Hôpital Tenon, AP-HP Paris 20ème.
Avec le soutien de la DRAC-ARS Ile-de-France dans le cadre du dispositif Culture à l’hôpital
Avec le soutien de Théâtre Ouvert, centre national des dramaturgies contemporaines, Paris 20ème
Avec le soutien du théâtre les Passerelles, Scène de Paris Vallée-de-la-Marne à Pontault-Combault
Avec le soutien du Fonds de dotation Capsule d’Art
Avec le soutien de la Ville de Paris 20ème

 

Remerciements à l’UF d’Endocrinologie Médecine de la Reproduction, service de gynécologie obstétrique Médecine de la Reproduction.

 

(No) Body is perfect est une d’œuvre d’art plastique et sonore collective créée dans le cadre d’ateliers avec des artistes amateurs. Projet initié par la compagnie For Happy People an co, en partenariat avec l’hôpital Tenon (Paris 20ème), l’œuvre est une collaboration originale entre le metteur en scène Jean-François Auguste, la collaboratrice artistique Morgane Bourhis, l’autrice Olivia Rosenthal, le plasticien Aurélien Vieillard, et huit personnes inscrites dans un parcours de transition de genre. L’œuvre plastique interroge la façon dont on se définit au sein de la société, comment on regarde les autres et comment on est regardé en tant que personne entière, dans son genre, dans son identité sociale, dans son apparence… Toutes ces « cases » induites par la société seront concrètement matérialisées dans cette production plastique. Les propositions artistiques individuelles des artistes amateurs témoignent de parcours singuliers. L’ensemble crée un tout sensible qui questionne l’identité de genre.

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L’œuvre se présente sous la forme d’une installation. Elle est composée d’une structure centrale autour de laquelle le visiteur peut découvrir des espaces faisant apparaître « des mondes intérieurs ». Le spectateur circule autour de cette structure, ce qui permet son interaction dans le projet. Il se trouve ainsi en position de visiteur mais aussi d’enquêteur : trouver à la fois le sens de ce qui lui est présenté et l’écho de l’œuvre en soi. Cette création s’est réalisée dans le cadre d’ateliers artistiques avec des participants en transition de genre réunis pour donner leurs questionnements sur l’identité de genre à travers une démarche artistique. Chaque participant amène, via son expérience personnelle, une projection mentale de son intimité et de son identité. Pour réaliser nos projets, nous travaillons avec des artistes, qui sont présents non seulement au titre de leurs compétences d’artistes mais aussi en amenant leur regard personnel sur le sujet et leur envie de faire évoluer les consciences.
Aurélien Vieillard, plasticien, a participé aux ateliers de création de l’œuvre plastique en lien avec Morgane Bourhis et Jean-François Auguste. Il a accompagné la conception et la matérialisation des idées. Olivia Rosenthal, autrice, a écrit de courts textes à partir d’entretiens réalisés avec les personnels soignants de l’unité d’endocrinologie et les participants aux ateliers. Elle travaille sous forme d’enquêtes pour ensuite revenir vers la fiction, ce qui résonne particulièrement dans cette œuvre. Les textes ont été enregistrés et sont diffusés au sein des hygiaphones de la structure. La sensibilité du travail artistique mêlé à l’intimité des textes donnera à l’œuvre un écho fragile et palpable, au cœur de l’expérience vécue par les spectateurs.

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Le monde, la Transidentité et l’amour, par Emma.

« Aimer le monde et toutes les différentes formes d’amour sincère sue l’on soit Femme, Homme, Transgenre ou toute autre identité de genre. Comme disait le petit prince : « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Nous avons gagné le droit d’assumer et de revendiquer ouvertement notre identité aujourd’hui. Nous aussi on souhaite être aimés et compris comme tout un chacun. Ne plus être rejetés ni discriminés sous prétexte que cela ne rentre pas dans la catégorie dite « normale ». J’invite chaque personne à écrire un message, un mot, quel qu’il soit et le déposer dans ma boite. »

Double peine, par Claudia

« Quelques croquis de mes carnets commencés au début de ma transition médicale et sociale en 2020. De l’art brut mais qui représente bien mes états d’âmes de femme trans. La musique m’a permis de maintenir le lien avec ma féminité malgré mon corps et ma vie en tant qu’homme. 57 ans dont 34 ans en  » prison  » parce que la société n’était pas prête à m’autoriser à être moi-même. Je suis seule à gérer ma transition avec le soutien de mon épouse. On existe à 100%, arrêtez de tolérer les personnes trans par condescendance. »

Je ne choisis pas mon genre. Je suis moi. Une femme, point ! par Chloé

« Mon travail peut faire violence à votre représentation d’un homme ou d’une femme. Ce qui est violent, une véritable souffrance, c’est d’être né (e) dans la mauvaise enveloppe corporelle. Ce qui est violent, c’est de nous contraindre à être dans le déni de nous-même, d’accepter un corps qui vous est étranger. Vous ne nous empêcherez pas d’entamer ce long périple menant à la coïncidence de soi, sous peine de conduire les plus fragiles d’entre nous au suicide. L’attribut qui nous a été assigné à la naissance n’est pas doté d’intelligence, au contraire de l’esprit humain. Être transgenre n’est pas un choix, mais un état de fait, comme la Terre tourne autour du Soleil. Pas besoin de démonstration : avec ou sans Copernic, le mouvement de notre planète aurait poursuivi sa course. Il en est de même pour nous transgenres ! »

Qu’est ce qui fait de toi ton genre ? par Alric

« Le jour où, adolescent, je suis tombé éperdument amoureux, j’ai pris conscience d’une vibration dissonante parcourant tout mon corps, telle une vieille radio analogique aux sons inaudibles impossible à régler. Je réalisais dans le miroir que j’avais toujours fait face à un visage étranger que je ne m’étais jamais approprié. Le décalage induit suscitait rejet et harcèlement qui ont failli avoir raison de ma vie. J’ai donc préféré ensuite jouer une pièce de théâtre permanente. Mais à l’aube de mes 40 ans, je ne supportais plus cette mascarade, mes batteries étaient épuisées. Or, le corps seul n’est qu’un tombeau, seule l’âme peut le transcender. Je comprenais enfin que j’avais le droit de laisser mon cœur et mon ADN vivre. »

L’ange déchu, par Camille

« En fusion, cet or fond
Va perler ce charnier
Goudronné supplicié
Aux poumons peints de plomb »

Danse Inès, danse ! par Inès

« Regarde ton reflet dans le miroir, tu as un bassin, des fesses, une taille jolie et fine. Tortille-toi avant que la porte de la chambre ne s’ouvre. Lorsque ma mélancolie devient insupportable, je lève l’ancre pour me retrouver ailleurs, dans mes rêves. Ines est vêtue de la même robe que la belle au bois dormant, elle danse et chantonne dans un bois enchanté. Je ne veux plus écouter Ines. Je veux l’oublier. Impossible. Je la cache mais elle réapparaît quand je bois et quand je fume. J’écris pour évacuer ses pensées à elles. Je triche, je mens mais mon personnage n’est pas crédible. J’écoute à moitié, j’aime à moitié, je travaille à moitié, je suis presque là. Je roule sur l’autoroute, j’accélère, droite ou gauche ? Moi ou Inès ? Bruit assourdissant, nuage de poussière. Vie ou mort ? »

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