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Alice ou le monde des merveilles

Adapté de l’oeuvre de L.Carroll

Création Février 2007 – Opéra Théâtre de Saint-Étienne

Co-mise en scène : Jean-François Auguste et Madeleine Louarn
Avec les acteurs de l’atelier Catalyse : Claudine Cariou, Christian Lizet, Yvon Prigent, Anne Menguy, Christelle Podeur, Jean-Claude Pouliquen
Costumes : Laure Mahéo et Jean-François Auguste
Scénographie : Marc Lainé
Lumières : Michel Bertrand
Son : David Segalen

Production
For Happy People and co, Théâtre de l’Entresort, Théâtre des Lucioles.

Co-production
L’Opéra Théâtre de Saint-Étienne et le CDN de Saint-Etienne – le Théâtre du Pays de Morlaix – La Fonderie, Le Mans – le CAT des Genêts d’Or

Il s’agissait de trouver un projet, un univers où les difficultés des acteurs de Catalyse se renverseraient, et où leur singularité s’imposerait comme une véritable force artistique. La correspondance que nous avons établie entre le monde d’Alice et les acteurs de Catalyse produit un phénomène de condensation qui intensifie l’univers imaginaire du rêve.

Ce rêve est un univers fascinant, très riche, où la question de l’existence d’Alice est posée de façon ludique. Dans ce monde onirique, sans cesse en mouvement, les personnages sont pour la plupart hostiles, malmenant la petite fille, remettant en cause sa capacité à parler, à apprendre, à exister…

Le récit de Lewis Carroll avance par à-coups, de rencontre en rencontre, dévoilant chaque fois un nouvel univers. Nous avons conservé cette structure en tableaux en nous attachant à créer une atmosphère distincte pour chacune de ces situations. La sensation a été notre principal pont d’appui : le froid et le tranchant, le chaleureux et le sensuel, le lumineux et le clinique, le mouillé, le douillet. Nous avons souhaité toucher en premier lieu la perception immédiate des spectateurs, les sens, le regard, pariant que ce terrain sensoriel permettrait aux mots de résonner de multiples échos.

Pour ce projet, ces acteurs de l’Atelier Catalyse sont sans doute les interprètes rêvés.

Parce qu’ils ont eux-mêmes une perception troublée de la réalité, et parce qu’ils sentent et perçoivent intuitivement le non sens. La non-évidence des énoncés, la fragilité des choses et du monde sont leur lot quotidien.

C’est aussi une façon de traiter ce qui, dans l’enfance, nous ravit, nous trouble et nous inquiète. Comme des êtres non corrompus par un monde hostile et violent, les acteurs handicapés sont peut-être, dans notre imaginaire, des représentants d’une innocence perdue. Sans défense, non préparés aux misères et accablés de malheur, ils nous font voir l’inoffensif.

Mais cette innocence n’est pas pure, elle se mélange de tout ce qui, adulte, continue de nous hanter, nous poursuivre : nos angoisses.

Ce qui nous saisit, dans cette épreuve des regards croisés qu’est le théâtre, ce qui nous fait nous redresser, c’est le suspens, la fragilité de la présence et la grande intensité de l’engagement des acteurs handicapés mentaux.

De l’espace à la parole, du corps à la mémoire faible, rien ne s’accomplit d’évidence.

L’imperfection même du jeu, l’aspect râpeux de leur présence, l’incertitude de la faible mémoire, restituent le danger, le risque qu’un acteur prend lorsqu’il s’expose au public. Il permet de voir un théâtre où la question du temps – de ce temps unique qu’est l’événement de la représentation -se perçoit dans sa pleine dimension.

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